Rwanda: le FPR a tué 13 hommes d'Eglise en 1994, selon le procureur du TPIR (09.06.08)

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Le procureur général du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) a déclaré devant le Conseil de sécurité de l'ONU que des soldats de l'ex-rébellion du Front patriotique rwandais (FPR, au pouvoir) avaient tué 13 hommes d'Eglise au Rwanda pendant le génocide de 1994.

"Dans mon dernier discours devant le Conseil, j'ai indiqué que des progrès avaient été réalisés dans l'enquête sur les accusations contre des membres du FPR. Le Rwanda a collaboré avec nous dans ce processus", a déclaré le procureur, Hassan Bubacar Jallow, dans un discours prononcé le 4 juin et publié lundi sur le site internet du TPIR.
 
M. Jallow avait accompagné le président du TPIR, Dennis Byron, pour présenter le rapport semestriel du tribunal devant le Conseil.

"Ensemble, nous avons pu établir (...) que le 5 juin 1994, des soldats du FPR (avaient) tué quelque 13 ecclésiastiques, dont cinq évêques, et deux civils dans le village de Kabgayi à Gitarama", a déclaré M. Jallow.

Parmi ces ecclésiastiques figurent Mgr Vincent Nsengiyumva, archevêque de Kigali, Mgr Joseph Ruzindana, évêque de Byumba (nord) et Mgr Thaddée Nsengiyumva, évêque de Kabgayi (centre) et alors président de la conférence des évêques catholiques du Rwanda.

"Certains des auteurs de ces crimes seraient décédés et d'autres servent actuellement dans l'armée rwandaise", a-t-il précisé.

Selon M. Jallow, le parquet général du Rwanda a fait part de sa décision, en relation avec cet incident, d'inculper et poursuivre rapidement pour meurtre et complicité de meurtre quatre officiers supérieurs rwandais.

"J'ai décidé de laisser en suspens toute action supplémentaire de mon côté, étant entendu que toute poursuite en ce sens à l'intérieur et par le Rwanda devra être efficace (...) équitable et ouverte au public", a expliqué M. Jallow, précisant que des poursuites au Rwanda ne préjugeront pas de la primauté du TPIR sur ses affaires.

"J'espère que ces poursuites seront menées au Rwanda d'une manière qui contribuera efficacement à la réconciliation dans ce pays", a-t-il conclu.

M. Jallow a à plusieurs reprises déclaré ces dernières années qu'il examinait le contenu des enquêtes sur les crimes présumés de combattants du FPR afin de décider de l'ouverture ou non de poursuites devant le TPIR.

Jusqu'à présent, le TPIR n'a mis en accusation que des dignitaires de l'ancien régime hutu.

Environ 800.000 personnes, selon l'ONU, essentiellement parmi la minorité tutsie, ont été tuées dans le génocide d'avril à juillet 1994, planifié et mis à exécution par les extrémistes hutus.

Basé à Arusha, le TPIR est chargé de rechercher et juger les principaux responsables présumés du génocide.

En décembre 2006, Amnesty International s'était dite "gravement préoccupée par l'échec du TPIR et des autorités rwandaises à enquêter et juger les crimes commis par toutes les parties au Rwanda entre 1990 et 1994".

Selon Amnesty, "on estime à environ 60.000 le nombre de civils tués par les forces du FPR entre avril et juillet 1994".

La prise du pouvoir à Kigali par la rébellion majoritairement tutsie du FPR avait mis fin au génocide.

source : www.lemonde.fr/web/depeches/0,14-0,39-35765304@7-60,0.html

 

 


 

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