FETE DE L’INDEPENDANCE 2008 (01.07.08)
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FETE DE L’INDEPENDANCE 2008
Chers compatriotes,
Chers amis du Rwanda,
Il y a 48 ans, le peuple rwandais accédait à son indépendance et se libérait par la même occasion du joug monarchique auquel il était soumis depuis des décennies.
L’accession à l’indépendance coïncidait avec l’avènement d’une nouvelle ère de libertés acquise au prix du sang de vaillants combattants de la liberté tombés les feux de la haine des tenants du pouvoir monarchique alors vacillant. Que la mémoire de ces héros soit honorée à juste titre.
Cette indépendance ne fut pas du goût des nostalgiques de l’ancien régime monarchique, dont certains décidèrent de quitter le pays et de prendre des armes contre la jeune république. Des attaques meurtrières eurent lieu de 1963 à 1967 dans le sud et le nord du pays. La violence de ces attaques sur les populations civiles entraina des actions de représailles qui n’ont cessé d’alimenter la diaspora rwandaise et d’aggraver le problème des réfugiés rwandais.
L’obstination de cette diaspora à rentrer par les armes annihila tous les efforts visant à trouver une solution durable au problème des réfugiés. En 1989, fut signé un accord rwando-ougandais sur la résolution du problème. Cet accord prévoyait le recensement de tous les réfugiés afin d’en discerner l’ampleur, selon les termes de l’accord. La mise en exécution de cet accord, signé sous les auspices du HCR et de l’ l’OUA (actuellement Union Africaine) se heurta aux visés militaristes du Front Patriotique Rwandais alors en gestation. Les idéologues du mouvement torpillèrent le recensement qui était censé aider le gouvernement rwandais à planifier l’accueil des réfugiés désirant être rapatriés.
La logique de guerre que le FPR avait enclenchée déboucha à l’attaque du 1er octobre 1990, qui culminera au génocide de 1994. Cette guerre anéantissait 30 ans d’effort de cohabitation ethnique. Même si le pays avait connu quelques moments de tension et de violence notamment en 1967 et en 1973, le bilan restait globalement positif et le Rwanda était cité comme un modèle, dans une sous région alors en proie aux démons de la guerre civile.
La prise du pouvoir par le FPR mit brutalement un terme à cette cohabitation. Mis à part les victimes de la guerre, des centaines de milliers d’autres rwandais furent boutées hors de leur propre pays et sont actuellement pourchassés comme du gibier. Qu’il ne subsiste l’ombre d’aucun doute ; les auteurs de crimes de quelque nature que ce soit doivent être poursuivis et sanctionnées. Ce qui est regrettable, c’est qu’un gouvernement fasse des malheurs de notre peuple, un fond de commerce pour asseoir son hégémonie et sa mainmise sur le pouvoir. Il est inadmissible qu’un des belligérants endosse seul la responsabilité de tout le drame rwandais, et que ceux qui ont sciemment déclenché et alimenté la guerre s’en sortent sans égratignure.
Chers compatriotes ;
Chers amis du Rwanda ;
Quatorze ans après le génocide, la justice internationale commençait enfin à faire la part des choses. Des mandats d’arrêt internationaux ont été lancés par les justices espagnole et française. Malheureusement, des grandes puissances, dont les USA, qui se disent sous d’autres cieux, champion des droits de l’homme, torpillent cette initiative en refusant qu’un général rwandais, visé par ces mandats soit démis de ses fonctions onusiennes et remis à la justice espagnole. Le régime de Kigali qui a promptement remis à la justice américaine un citoyen rwandais après l’avoir torturé, dans l’affaire des touristes américains tués au parc de Bwindi, prétend aujourd’hui qu’il ne peut pas extrader ses nationaux. Comme pour dire qu’il y a des citoyens rwandais de seconde zone.
Chers compatriotes ;
Chers amis du Rwanda ;
Les acquis de l’indépendance sont en danger. Le pays est livré à des intérêts étrangers peu scrupuleux des aspirations du peuple. La pauvreté fait rage en milieu rural, et on assiste à un développement à deux vitesses.
Les libertés fondamentales sont bafouées au nom d’une pseudo unité nationale, et l’omniprésence de l’armée et des autres services de sécurité rend toute activité politique périlleuse.
Les relations de bon voisinage, jadis fleuron de l’image nationale, ont cédé le pas à des aventures militaires sans issue et très couteuses tant en vies humaines qu’en ressources financières.
Comme en 1960, notre patrie a besoin de la contribution de tout un chacun, afin de remettre le pays sur les rails du développement endogène et de la cohabitation de toutes composantes ethniques. Un développement qui cicatrisera les plaies du long conflit armé qui a défiguré notre pays, qui consacrera notre devise d’un peuple réconcilié dans un état de droit.
Vive la paix, vive la liberté, vive la concorde.
Zevenhuizen, 01 juillet 2008-07
Victoire Ingabire Umuhoza
Présidente des FDU- INKINGI
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