Communiqué de l'APARECO sur l'impunité des criminels Rwandais (26.05.08)

Honoré Ngbanda-Nzambo, Président de l'Alliance des patriotes pour la refondation du Congo

A la suite de l’annonce de l’arrestation de Monsieur Jean Pierre Bemba dans la banlieue de Bruxelles ce samedi 24 mai 2008 à 22 heures à la demande de la Cour Pénale Internationale (CPI en sigle), le Comité National de l’APARECO s’est réuni d’urgence pendant plusieurs heures, ce dimanche 25 mai 2008, sous la direction du Président National, Monsieur Honoré Ngbanda-Nzambo Ko Atumba, pour réfléchir sur les circonstances de cette arrestation et tirer toutes les conséquences éventuelles qui en découleraient pour le combat que mène le peuple congolais pour sa libération totale et inconditionnelle. Car désormais plus rien ne doit détourner le peuple congolais de cet objectif vital pour son avenir et celui des générations futures.

Au moment où le peuple congolais est encore abasourdi sous le choc des récents massacres intervenus au Bas-Congo suite à la répression sanglante des partisans de Bundu Dia Kongo, l’annonce macabre du porte-parole de la MONUC, Monsieur Kamal Saiki, est tombée comme une tuile (une de plus !) sur la tête des congolais! Son communiqué a révélé au peuple congolais, groggy, la énième découverte macabre, faite par les soldats de l’ONU (plus précisément les patrouilles sud-africaines) ce vendredi 23 et samedi 24 mai 2008, de sept charniers contenant plus de cent corps et qui, selon les commentaires du porte-parole de la MONUC, « ne dateraient pas d’une période récente» (sic). En langage clair, il s’agit des charniers qui datent de la période de la première guerre d’invasion qui a eu lieu durant les années 1996 et1997. Et c’est au soir même de cette annonce de la MONUC qu’intervient l’arrestation de Monsieur Jean Pierre Bemba en Belgique à la suite d’un mandat d’arrêt lancé par monsieur Luis Moreno Ôcampo, Procureur de la CPI, depuis le 16 mai 2008 et tenu secret jusqu’à son exécution le samedi 25 mai par les autorités belges. Coïncidence ou ironie de l’histoire ?


Le Comité National de l’APARECO, après avoir longuement examiné, analysé et évalué l’évolution en dents-de-scie, les rebondissements, les tractations et les allées et venues dans les coulisses qui ont conduit au dénouement du dossier judiciaire qui a abouti aujourd’hui à l’arrestation de Monsieur Jean Pierre Bemba, livre au peuple congolais et à la Communauté internationale les déclarations ci-après :


I. L’APARECO soutient l’action de la justice internationale mais s’interroge sur les circonstances et les motivations conjoncturelles de son action


L’APARECO soutient et encourage toute action de la justice internationale visant à réprimer, sans réserve ni distinction de race ou de pays, tous les massacres barbares des civils innocents par des bandes armées au service des ambitions sanguinaires des hommes politiques.


Elle condamne sans réserve tous les crimes de guerre ainsi que tous les crimes contre l’humanité commis partout à travers le monde, et soutient toute action de répression des leurs auteurs par la justice internationale, partout où ils peuvent se retrancher ou se cacher.


Elle condamne toutes les formes de violence quelle qu’elle soit et d’où qu’elle vienne, et toutes les violations des droits fondamentaux des citoyens à travers le monde. Elle soutient par conséquent la justice internationale dans sa tâche de traquer tous les présumés criminels et de les traduire devant ses instances pour répondre des faits qui leur sont reprochés.

Toutefois, l’APARECO s’interroge sur le climat politique particulier qui règne dans le pays où est intervenue l’arrestation de Monsieur Jean Pierre Bemba, quand on tient compte du climat particulièrement tendu entre Kinshasa et Bruxelles dont le conflit divise et oppose les lobbies politiques et financiers belges pro-Kabila et pro-Bemba.


Plusieurs faits «troublants» et symptomatiques qui ont précédé cette arrestation méritent de retenir l’attention des congolais :

  1. L’arrestation de JP Bemba intervient sur fond de crise diplomatique profonde entre Kinshasa et Bruxelles, crise dans laquelle Joseph Kabila se montre intransigeant vis-à-vis du Gouvernement belge qui lui reproche «sa mauvaise gestion» et son incompétence et le tout, sur fond de déception à la suite des accords signés avec la Chine. L’arrestation de JP Bemba intervient le lendemain de l’annonce par le Gouvernement de Kinshasa des mesures de gel des relations diplomatiques avec Bruxelles : rappel de l’ambassadeur et fermeture du consulat congolais à Anvers en demandant à la Belgique de faire autant.
  2. Cette arrestation intervient quelques jours après la publication d’une plainte déposée contre Joseph Kabila auprès de la CPI le 20 mars 2008 à Bruxelles par l’avocat belge Jean-Marie Flogothier, en sa qualité de Conseil de l’Association Humanitaire 11 AIDE (Assistance Interactive pour la Démocratie et l’Education), dont le siège est en Suisse.
  3. Cette arrestation intervient aussi quelques jours après l’inculpation par les tribunaux belges de la Banque Centrale Congolaise (BCC) pour blanchiment de 80 millions de dollars américains de la MIBA
  4. Cette arrestation intervient enfin, sur fond des tractations de coulisse et des débats parlementaires houleux autour du retour du «sénateur» JP Bemba et de sa désignation comme « porte-parole de l’opposition politique »


Tous ces faits réunis dans une ambiance hautement conflictuelle font craindre à l’APARECO que l’arrestation de JP Bemba ne soit qu’une énième instrumentalisation des acteurs politiques congolais par les lobbies politiques et financiers belges (et occidentaux) concurrents qui se mènent une guerre de tranchée par leurs « protégés » congolais interposés, pour le contrôle et la sauvegarde de leurs intérêts respectifs en République Démocratique du Congo qu’ils continuent de considérer comme leur «chasse gardée»!


II. L’APARECO dénonce une justice internationale à deux vitesses


Tout en reconnaissant à la CPI son droit de poursuivre le dossier des crimes contre l’humanité commis en République Centrafricaine entre 2003 et 2004 , l’APARECO constate avec amertume et indignation que les crimes les plus odieux commis par les étrangers en République Démocratique du Congo depuis 1996 n’aient pas encore connu une suite positive pour les nombreuses familles des victimes congolaises.

L’indignation est d’autant plus grande quand on sait que les auteurs présumés de ces horribles crimes que le monde ait connu depuis la fin de la deuxième guerre mondiale (tant au nombre de leurs victimes, plus de six millions, qu’à l’ampleur et à la cruauté de leurs violences) circulent librement et côtoient même, sans inquiétude, plusieurs personnalités politiques et judiciaires du monde!

Sans verser dans des comparaisons mathématiques macabres au sujet des morts, nous estimons que tous les morts se valent, et par conséquent, ils appellent un traitement égal.

Par ailleurs, l’APARECO s’étonne que le Procureur de la CPI, Monsieur Luis Moreno Ocampo, ait procédé immédiatement à l’arrestation de Monsieur Jean Pierre Bemba sur simple présomption des faits, sa responsabilité personnelle n’ayant pas encore été prouvée dans l’exécution des crimes, alors qu’il devrait normalement bénéficier de la présomption d’innocence. Nous nous demandons ensuite pourquoi Monsieur Ange Félix Patassé, président de la République Centrafricaine au moment des faits, et qui a sollicité et obtenu l’aide des troupes du MLC qui ont opéré sur le territoire centrafricain sous son commandement direct, n’ait pas été inquiété jusqu’ici, d’autant plus qu’il n’est plus couvert par l’immunité des fonctions présidentielles ? Que cache donc cette arrestation brusque de Bemba?


III. L’APARECO dénonce la négligence et l’indifférence de la communauté internationale et de sa justice à l’égard des crimes commis en République Démocratique du Congo

Selon la conseillère du Procureur de la CPI Béatrice Le Fraper, « les MLC est intervenu dans le conflit en République Centrafricaine (RCA) en 2002-2003, poursuivant une stratégie de terreur et de violence contre les populations civiles, marquée en particulier par une campagne de viols massifs et de pillages… les MLC menés par Jean-Pierre Bemba ont commis, dans le cadre d’une attaque systématique généralisée contre la population civile, des viols, des actes de torture, des atteintes à la dignité de la personne, des traitements dégradants et des pillages… Nous ne pouvons effacer leurs blessures. Mais nous pouvons leur rendre justice».


Devant cette arrestation, L’APARECO qui dans sa philosophie politique condamne comme nous l’avons dit, toute forme de violations des droits humains, en particulier celles commises sur des populations civiles sans défense, se pose néanmoins des sérieuses questions sur l’indifférence affichée par la communauté Internationale et de sa Justice vis-à-vis des crimes commis en République Démocratique du Congo. En effet, les crimes graves qui sont reprochés à Jean Pierre Bemba et qui ont conduit à son arrestation par la CPI datent des années 2003-2004 et ont été commis en République Centrafricaine. Et pourtant, cette même Justice Internationale est sans ignorer que non loin de là, en République Démocratique du Congo, et bien avant les crimes commis en RCA, d’autres crimes d’une barbarie et d’une ampleur sans précédent dans l’histoire du continent ont été perpétrés et continuent à l’être chaque jour, sans que leurs auteurs, pourtant bien connus, ne soient inquiétés le moins du monde.

Pour preuves, l’APARECO tient à rappeler ici quelques uns des nombreux crimes commis en RDC et dénoncés depuis des années, mais dont les auteurs n’ont jamais été inquiétés jusqu’à ce jour :

  1. En septembre 1996, Kagamé procéda sous les caméras des médias internationaux au bombardement sauvage des camps de réfugiés de SAKE et de MUGUNGA. Quand les réfugiés hutus rwandais se sont enfouis de ces camps à l'intérieur des forêts congolaises en compagnie des centaines de milliers de congolais, Kagamé, avec à la tête de son armée le général James Kabarebe qui avait à ses côtés (en qualité d’aide de camp du commandant des opérations militaires), un certain "commandant Hyppo", bien connu aujourd’hui sous le nom de Joseph Kabila, l’actuel président « démocratiquement élu » de la RDC, ont pourchassé ces gens, non pas seulement dans les forêts de l'Est, mais aussi pendant une année entière dans les forêts équatoriales dans la province de l'Equateur (précisément à Mbandaka), où plusieurs ont été horriblement et sauvagement massacrés , et leurs corps jetés dans les puits populaires. Lorsque l'ONU a envoyé une mission de contrôle au Congo, Laurent-Désiré Kabila, allié du rwandais Kagamé à l'époque, a mené une opération à Mbandaka pour bloquer la mission de l'ONU à Kinshasa afin de gagner du temps nécessaire pour vider les fosses communes et déverser les ossements des massacrés dans le fleuve Congo. L’ampleur des massacres fut telle que monsieur Robert Garreton qui conduisait cette mission de l’ONU en mai 1997 déclara le 11 juillet 1997 que « les massacres des réfugiés semblent mériter la qualification de crime contre l'humanité et même peut-être de génocide.»
  2. L’Amnesty International a dénoncé dans son rapport officiel les massacres commis le 24 août 1998 par le RCD de Monsieur Azarias Ruberwa sur plus de 850 civils dans la paroisse catholique de Kasisa et ses environs. Le lendemain 25 août, le même RCD procédait au massacre de plus de 200 civils non-armés à Kivovo (Makobola) situé à 23km d’Uvira. Tandis que le 31 août, 630 corps furent découverts à Kasanga.
  3. L’expert belge Filip Reyntjens, un des spécialistes les plus réputés sur le Rwanda, qui annonça en 2005 qu'il suspendait sa coopération avec le bureau du procureur du Tribunal Pénal International pour le Rwanda (TPIR) tant qu'aucun membre de l'actuel parti au pouvoir à Kigali, le FPR ne sera poursuivi, et qui traita Paul Kagamé de « plus grand criminel de guerre en fonction », abonde dans le même sens que Robert Garreton lorsqu’il évoque les crimes de Kagamé et les siens en RDC : « Les éléments au Congo… sont bel et bien un génocide : c’était une extermination en règle des réfugiés pour la raison qu’ils étaient hutus, d’abord à Tingi-Tingi, puis au Sud de Kisangani dans la région de Bunde, et finalement à Mbandaka. Un groupe de travail de l’Onu a examiné la question et est arrivé à la conclusion suivante qu’il n’y avait aucun doute qu’il s’était agi de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. Le groupe a suggéré une enquête plus approfondie sur l’intention dernière de ces crimes pour pouvoir les qualifier de génocide ou non. Malheureusement cette enquête approfondie n’a pas encore été réalisée jusqu’à présent… »
  4. De la même manière, la sénatrice américaine Cynthia McKinney, revenant d’une mission en RDC lança à son président (George W. Bush) le cri de coeur suivant : « Je dois ajouter que votre échec dans l’arrêt de l’invasion illégale de la RDC qu’ont menée à termes vos alliés, l’Ouganda et le Rwanda, a porté directement ces pays à commettre des crimes contre l’humanité en territoire congolais. Maintenant, vous-même, vous demandez au monde qu’il ferme les yeux devant cette politique scandaleuse, alors que le monde entier sait que l’Ouganda comme le Rwanda ont attaqué militairement le territoire de la RDC. Et cela jusqu’à l’intérieur du pays et non pas seulement sur les frontières. Les atrocités qu’endurent quotidiennement tous les habitants de cette région sont scandaleuses ». Et d’ajouter au cours d’une audition organisée au Congrès américain en 2000: « Nous avons l’opportunité de pouvoir rassembler les différentes guerres en RDC et de rendre publique la vérité sur ce que le Rwanda, l’Ouganda et leurs soit disant alliés rebelles ont fait au peuple de la République Démocratique du Congo. Nous avons l’occasion de prononcer un jugement sur l’héritage Clinton et de mettre à jour ce que Madeleine Albright et son équipe de politique étrangère ont exactement fait dans la région des Grands Lacs. Je pense qu’il est également important de signaler d’emblée que les Etats-Unis et la Belgique méritent une condamnation spéciale pour les trente ans de souffrance infligée à la RDC… ».
  5. En septembre 2003, la MONUC a découvert en ITURI 20 charniers contenant plus d’un millier de personnes. Jusqu’à ce jour, le rapport d’enquête de l’ONU est demeuré sans suite.
  6. En septembre 2007, la Division des Droits de l’Homme de la MONUC a confirmé dans son rapport, l’identification par le Bureau des Nations Unies pour les Droits de l’Homme (BNUDH) de 3 fosses communes dans l’ancien quartier général du responsable du CNDP Laurent Nkundabatware dans le Nord_Kivu. Et malgré les déclarations mensongères de Joseph Kabila qui avait affirmé publiquement à Londres qu’un mandat d’arrêt international avait été lancé contre Laurent Nkundabatware, le présumé criminel, celui-ci continue allégrement de côtoyer les personnalités politiques et diplomatiques du monde entier dont certains lui rendent visite même dans les territoires congolais qu’il occupe.
  7. Le 18 septembre 2007, la MONUC a accompagné les représentants de la justice militaire congolaise à Rubare dans le Kivu où ils ont procédé à la vérification de l’existence des fosses communes et ont pu déterrer plusieurs corps.

La liste est plutôt longue, et la suite n’est qu’une succession d’atrocités les unes plus horribles que les autres. ; la dernière en date étant les sept charniers contenant les restes de plus de 100 corps dans la localité de MABOYA, dans la province du Nord-Kivu, découverts vendredi 23 et samedi 24 mai derniers par des soldats onusiens. A toutes ces horreurs et comme si cela ne suffisait pas, il faut ajouter le lot de malheurs engendrés par la guerre par le Rwanda que mènent au Kivu depuis juin 2004 à ce jour, le général Laurent Nkundabatware et le colonel Jules Mutebusi.


En définitive, les deux guerres d’invasion déclenchées par le Rwanda , l’Ouganda et leurs « alliés » congolais et étrangers, auront jusqu’à présent vu leurs auteurs décimer plus de cinq millions de nos concitoyens et commettre toutes sortes d’atrocités, des crimes de guerre, et des crimes contre l’humanité sans que cela n’émeuve outre mesure la communauté internationale ni même certaines organisations des droits de l’homme... Ce sont des morts que personne ne pleure. Plus de cinq millions de morts congolais, soit l’équivalent de la population entière de certains pays, ne pèsent pas bien lourd devant les intérêts économico financiers des commanditaires de cette boucherie humaine sans précédent dans l’histoire de l’Afrique.


IV. L’APARECO invite la classe politique et tout le peuple congolais à tirer toute la leçon de cet événement

 Devant la gravité d’un tel événement, nous estimons que plusieurs leçons méritent d’être tirées et plusieurs questions méritent d’être posées. Parmi les leçons à tirer, la première concerne Jean Pierre Bemba lui-même, non en tant qu’individu, mais pour ce qu’il a représenté pour la majorité des congolais lors de l’élection présidentielle. En effet, en arrêtant Jean Pierre Bemba, la Communauté Internationale vient, d’après elle, d’éliminer définitivement de la vie politique congolaise celui qui, de l’avis de plusieurs observateurs politiques et aux yeux de la majorité des congolais, avait gagné l’élection présidentielle. Ceci démontre une fois de plus, si besoin en était encore, que la volonté souveraine du peuple congolais ne pèse pas lourd devant les intérêts économico-financiers des ténors de la communauté internationale.

L’opinion congolaise se souvient encore en effet du chantage exercé sur Jean Pierre Bemba pour qu’il accepte l’« inacceptable », c'est-à-dire proclamer Joseph Kabila vainqueur de l’élection présidentielle et d’obtenir en échange l’abandon des poursuites devant la CPI. Mal lui en prit car un an à peine après avoir obtenu ce qu’elle voulait, la Communauté Internationale vient de livrer en pâture celui que le peuple congolais avait choisi comme président de la république.

Jusqu’à quand les hommes politiques congolais seront-ils des simples instruments au service des intérêts économiques des puissances étrangères qui les manipulent au gré de leurs rivalités économiques sur le dos du peuple congolais?

C’est pourquoi, l’APARECO attire l’attention de toute la classe politique, et plus particulièrement des différentes formations de l’opposition politique congolaise, la vraie, sur ce piège. Qu’on ne s’y méprenne pas, l’actuelle tentative d’éviction de Jean Pierre Bemba de la scène politique congolaise ne doit pas être perçue par la classe politique congolaise assoiffée de pouvoir comme une aubaine pour se frayer un chemin vers le pouvoir! C’est un leurre. Un simple mirage dans le désert. Cet événement doit au contraire pousser toute la classe politique congolaise, toutes tendances confondues, à se serrer les coudes, à faire front et à se regrouper, non autour d’un homme, mais plutôt autour d’un idéal, le seul qui arrêtera la descente aux enfers de notre peuple et nous sortira de l’humiliation de l’occupation, à savoir la libération du pays et la véritable reprise en mains par les congolais de la destinée de leur nation et de leur peuple.

Pour ce qui est des questions que suscite cette arrestation, la première d’entre elles qui saute aux yeux concerne l’étendue des responsabilités : Les hommes de Jean pierre Bemba qui ont commis ces atrocités en RCA ne s’y sont pas rendus de leur propre initiative. Ils ont comme nous l’avons déjà dit,été appelés à la rescousse par un chef d’Etat alors en fonction, en la personne de monsieur Ange-Félix Patassé. Aujourd’hui, ce dernier n’est plus au pouvoir et n’est donc plus couvert par l’immunité de la fonction présidentielle. Pourquoi alors monsieur Ange-Félix Patassé, qui a sollicité cette intervention des troupes de son allié Jean pierre Bemba n’a-t-il jamais été inquiété par la CPI ? Alors que ces troupes « alliées » ont opéré sur son territoire et sous son commandement ! N’a-t-il pas lui aussi une part de responsabilité importante dans les atrocités qui se sont commises ?

Autre question : En quoi les morts centrafricains ou rwandais diffèrent-ils des morts congolais ? En d’autres termes, les morts congolais et toutes ces autres victimes de la barbarie de Kagamé, Kabila, Kabarebe, Nkundabatware et consorts ne méritent-ils pas eux aussi que justice leur soit rendue ? Si la réponse est « oui », d’où vient alors que tous ces criminels cités ci-haut continuent à s’acharner en toute impunité et durant toute une décennie sur nos pauvres populations sans que la communauté internationale et sa justice n’entreprennent des actions efficaces pour les neutraliser?

Moralité ? Il est plus que temps pour la classe politique et pour le peuple congolais, particulièrement pour ceux de nos compatriotes qui, de bonne foi, avaient encore des doutes et des hésitations sur les intentions cachées des puissances extérieures sur notre pays, de sortir de leur léthargie et de voir la réalité en face : notre pays est bel et bien victime d’un vaste complot international dont le piège se referme chaque jour d’avantage sur ses fils et ses filles. Tout un peuple et toute une nation sont pris en otage par une alliance des lobbies politico-financiers maffieux qui ont réussi à placer leur pion étranger à la tête de notre pays et qui maintenant s’en donnent à coeur joie dans le pillage systématique de nos ressources naturelles.

Pour espérer briser les chaînes de l’occupation de son pays, le peuple congolais n’a qu’une seule et unique solution : se lever comme un seul homme, braver la peur et s’assumer pour se libérer des affres de l’occupation. Les cas analogues des peuples kenyans et zimbabwéens qui ont su se dresser comme un seul homme pour éviter le pire à leurs enfants ne devraient-ils pas inspirer notre élite et notre peuple ?

 


Fait à Paris, le 26 mai 2008
Pour le Comité National de l’APARECO,
Paul Rigobert AKANGA,
Secrétaire Général Adjoint et Porte-parole.

 

 


 

Vous pouvez à tout moment réagir, s'exprimer et/ou commenter un article sur Rwasta.net ou ailleurs. Cliquer ici

NB : Si c'est un article sur un autre site, il suffit de marquer le lien, cliquer ici